Arriéré de demandes de pardons

Croyez-vous qu’il est justifiable de frauder un criminel ? Les individus qui possèdent un casier judiciaire ne sont probablement pas d’accord.

Je vous pose une autre question : Si les entreprises peuvent être poursuivies en justice, pourquoi pas une agence gouvernementale?

En scrutant les dépêches de la Presse canadienne j’ai remarqué que la Commission des libérations conditionnelles du Canada s’apprête à commettre un vol, voire même une fraude à l’endroit de près de 7000 canadiens. Du moins, c’est mon point de vue sur cette triste histoire.

Sous la gouverne de Stephen Harper et son gouvernement conservateur, le budget alloué pour traiter l’arriéré de quelques milliers de demandes de pardon qui trainent sur les bureaux des fonctionnaires de la CLCC depuis 2012 est maintenant épuisé.

Sur 22,000 demandes, il en reste maintenant 6,963 qui ne seront vraisemblablement jamais traités pour manque de ressources budgétaires.

Faisons abstraction de toutes les années perdues et de toute la frustration pour ces individus qui ont déjà payé leurs dettes envers la société. Ne faisons pas mention de toutes les opportunités d’emploi manquées. Oublions le fait que cette décision des conservateurs relève certainement de considérations politiques plutôt que juridiques. Que feriez-vous si  vous étiez l’un de ces individus qui a payé le gouvernement pour un service qu’il ne recevra jamais?

Une demande de pardon coûtait 150$ à l’époque, ce qui veut dire que la Commission des libérations conditionnelles vient d’empocher plus d’un million de dollars sans avoir fourni le service qu’il avait pourtant promis. L’affaire Mike Duffy n’est que de la petite bière en comparaison. Qui plus est, on nous signale que ces frais de traitement ne seront sous aucune condition remboursés, et qu’ils ne peuvent être transférés si les individus ainsi floués désirent soumettre une nouvelle demande de pardon. L’argent est disparu, point à la ligne. D’après moi il s’agit là tout bonnement d’un cas de fraude ou de vol.

Depuis que cette nouvelle est tombée je ne sais plus quoi répondre au gens qui me demandent comment le gouvernement peut justifier une telle décision.

Je ne me l’explique tout simplement pas. Imaginez le pétrin dans lequel je me retrouverais si je gérais mon entreprise de cette manière ! Et pourtant le gouvernement conservateur tente de nous convaincre qu’il est tout à fait légitime d’empocher ces frais de traitement sans pour autant fournir quoi que ce soit comme service – sous prétexte de lutter contre la criminalité !

Loin de lutter contre le crime, le gouvernement conservateur est en fait en train de commettre un crime. Même ceux qui appuient la position « tough on crime » de M. Harper reconnaitront que lorsqu’un individu paye pour un service il a le droit de le recevoir.

La question devient encore plus pathétique lorsqu’un se rend compte que ces individus ont besoin de ce service afin de reprendre leur vie en main. Comment voulez-vous qu’ils réintègrent la société lorsqu’ils voient opportunité d’emploi après opportunité d’emploi défiler sous leurs yeux ? Que voulez-vous qu’ils fassent lorsqu’ils ont des familles à nourrir ? En citoyens responsables désireux de contribuer à nouveau à la société, ils ont déposé des demandes de pardon en toute bonne foi et en conformité avec la loi canadienne. Imaginez la frustration de ces gens, qui tentent de laisser leurs erreurs derrière eux, d’entendre qu’ils n’auront même pas le droit de se faire entendre. Ne croyez-vous pas qu’il s’agit là d’une injustice ?

Je crois qu’il est inacceptable de voler, même lorsque la victime possède un casier judiciaire. Je crois également que lorsqu’une agence gouvernementale commet un crime elle devrait en être tenue responsable. La loi canadienne doit s’appliquer à tous sans exception !

Le gouvernement conservateur devrait avoir honte de cette mesure punitive, qui ne vise qu’à serrer la vis sur des individus que tentent de corriger leurs erreurs. Quel effort sournois de la part de M. Harper, qui en cette année électorale cherche se faire réélire sur le dos de ces individus qui ne veulent qu’une chose – rebâtir leur vie.

Ce scandale de pardons volés démontre bien l’effronterie du gouvernement de Stephen Harper, qui ne voit en notre système judiciaire qu’un simple outil pour faire avancer ses propres ambitions.

About Michael Ashby

Michael Ashby is Co-Founder and Communications Director for the National Pardon Centre. Get in touch with Michael by sending an email to mashby@nationalpardon.org or calling extension 227.Michael Ashby est le co-fondateur et le directeur des communications au Centre du Pardon national. Contactez Michael par email au mashby@nationalpardon.org ou par téléphone au poste 227.

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